Ma vie, mon sacrifice
Le Sacrifice est un sacrement
Un rite eucharistique
Une volonté d'éternité
Une volupté de sincérité
Une volcanique en volubilité
C’est un temps, une attention
Une fleur en éruption
L étincelle d’une pétale d’iris
Feu d’artifice en émotion
Sous le soleil dérisoire de nos vies
Sous une nuit frivole étoilée
Le désir de te chanter,
Le délire de te rêver à cheval du haut de l’empyrée
Le plaisir de tout donner et renouveler
Cette parole échangée un jour en duo
A terre à l'ombre de la Caïlcédrat,
Je te prie
Aptère dans la forêt de nos mystères,
Je m’envole
En vers sous l'aura de ta lumière,
Je me surprends
A t’aimer et à tout te pardonner
Tu es ma folie secrète un sourire arbalète
Un doux souvenir d’avenir mon ornement
Mon embellie orgasmique en mouvement
Thierry Aricique
Dans le calme de mes nuits
Le calme
Le sable à perte de dune
Le bruit assonancé de la mer la lune
Les ilets pigeon comme horizon
Au bord de ma rivière où s’achemine ma misère
Je regarde passer les souvenirs des amours trépassés
L’élan de nos désirs profonds avortés
Le sourire de l’espérance d’un enfant enjoué
Dans cet empan qui me sépare de toi
Je reste la poussière de tes chemins
Mes rêves sont vains
Mes prières sentent le vin du bonheur éternel
Sur cette terre et ses mystères
De familles en famines
A perte de collines
L’humanité écrit son avenir sur les plaies de la disparité
Dans l’implant d’une prétendue modernité
Je regarde chanter ces rois de l’occident
Je ris je joue je bois sa cigüe
Dans un silence entretenu doux amer
Sur cette terre qui s’éloigne chaque jour de plus du soleil
Thierry Aricique
Ma crise en vers
Des bonheurs en dedans, des bonheurs en dehors
Des sécheresses alimentaires démesurées
Des enfants aux regards inachevés
Des apostasies à la vie, des retraits épistolaires dans l’oubli
Des peuples laissés en tuerie à l’abandon
Une nature imprévisible outrancière sans pardon
La télévision allumée, le ventre désaltéré
Assis je reste à regarder ces séries séquentielles de ma désuétude
Le vent à l’extérieur siffle dans le ciel notre présence
Nos solitudes nos désirs avortés de tendre humanité
La lune est noire et angoissante comme l’épiphanie étourdissante du journal télé,
Comme la délinquance relationnelle immodérée devenue banale dans notre société
La lune reste noire et apaisante
Le petit reflet sombre et obscur de notre pauvre identité
Assis je reste là allongé anonyme et subtil commandeur
Placide et stupide commentateur de ma pauvre réalité
La nuit s’empare de moi dans son silence anesthésiant
Damballa et le fou du roi Hediala le boa sont là
Ils sont le vent mon compas mon empire une aubade dans mes délires
Une heliconia aux détours des sentiers dérobés
Un exil dans le royaume de mon empire
Le mystère des eaux dans ces rivières en nitrate
Le magma de mes égos dans mes humeurs disparates
J’appartiens au monde des aliénés
Je suis un singe ailé une équerre une tortue de mer aux sens désespérés
J’entends les aèdes persifler le retour des insomnies démoniaques
Des résistants de la race des sous terres
Des forcenés aguerris sortis des enfers
Mon ciel est bleu mais mon parterre est toujours noir de frères
L’obscurité incendiaire est ma lumière
Le sergent Arafat le représentant des sans terre
Robespierre l’homme au cœur de chair
Avec les rêves discursifs extravagants de Luther le King
Tous sont convoqués au festin dans nos nuits d’incantations
Tous nous nous insurgeons contre ces politiques d’incohérence
De ces Etats légitimés démocratiques et insensés
Tous nous dénonçons l’appétence de ces phallocrates de la finance
Leurs pédantismes religieux et leurs moralismes fallacieux
Je vous le dit « Ils paieront la dette de leurs iniquités »
Ces hommes sont coupables de crime d’inhumanité
A l’avenir sans destin
Mon corps est boueux mon regard est charnel et impétueux
La soirée est belle dans cet amas de folie
Mes délires sont généreux et le public est averti
Les danseuses sont somptueusement lascives belles prometteuses et en dérive
Sur cette aire de kora la musique est jolie
Tous nous élevons nos cœurs en fraternité
Je suis là, parmi eux, mes amis, psychotiques hermétiques et en furie
Tous nous ne nous soumettons pas à l’ordre injustement établi
Legba bat du tambour je suis un homme peul, un homme itinérant
Un homme de passage dispersé en échange métissé
Je danse la danse de l’amour avec Erzuli
Titubant dans la ronde de la ritournelle de la vie
Je sors mon sexe et doucement je ris
Tous nous urinons sur les représentants de la force ludique
Sur ces gens de tous les jours, magnifiques
Qui vivent dans leurs cannibalismes relationnels
Toujours à la recherche du sensationnel
Sur ces gens de tous les jours, magnifiques
Aux intentions menteuses et aux hypocrisies sociales honteuses
Je rejette sur eux leurs déchets qui ont empoisonnés mes nuits
Mes rumbas avec elle
Mes rumbas avec la plus belle
Mes rumbas avec celle à la beauté sacramentelle
Au sourire jouvencelle
Ma plus belle aux seins de miel que je baise sans cesse avec effervescence et délicatesse
Je défèque sur le freudisme bourgeois, leur trinité obscène
Sans liberté sans choix
Sur ces hommes obséquieux ces hommes du renouveau du changement de la rupture
De la continuité infraternelle avec leurs inégalités exponentielles
Je vous le dit « Ils paieront la dette de leurs iniquités »
Avec leurs chansons liquoreuses leurs discours sirupeux du beau mot, de la juste formule
Aux emphases prodigieusement odieuses
Ces abuseurs de positions dominantes
De sodomies avilissantes sur leurs plages boursières
D’orgies spéculatives aux relations orgasmiques
Rue du mur avec le CAC des quarante voleurs
Ma réalité est imaginaire mes hallucinations un paradis
Sous les cocotiers mon parapluie
Des bonheurs en dedans, des bonheurs en dehors
Des sécheresses alimentaires démesurées
Des enfants aux regards inachevés
Des apostasies à la vie, des retraits épistolaires dans l’oubli
Des peuples laissés en tuerie à l’abandon
Ma douce folie comme unique parangon
Thierry Aricique
Il est des journées ...
Il est des journées sans nom, sans page
Des journées sur le chemin long de septembre lent
Comme le vent d’automne les pluies autochtones sombres
Des journées où le simple bonjour ne retrouve plus son séjour
S’emploie à déployer nos tristes emplois
Avec le livre qui ne me délivre plus de mes tendres détours
Des journées où le bruissement de l’acrimonie quotidienne
Frisonne plus que jamais avec la mélodie joyeuse
Des eaux vives et dangereuses de l’enfer
Des journées où le bleu rouge de l’horizon n’exprime plus
Dans sa violente douceur ses moments vénérables
Ses oraisons sublimes de nos sensibles poètes
Des journées où la cupidité de l’amour fait don de son immortalité
A ses corps esseulés victimes de ne plus être doués
dans la circularité de leurs douloureux poèmes
Des journées où la fuite en avant parait plus plantureuse
Que la suite heureuse de nos errements plus belle
Que ton sourire après l’amour en dormant
Je recherche tes bras isolé ta voix cette parole ce son
Qui me lie à toi à lui à moi à jamais
Sans fruit sans serre
Sans rire sans taire
Ma joie sincère
Il est des journées sans nom sans page
Sans vie sans rage
Thierry Aricique
Ma Guadeloupe, ma diversité revisitée
An té pati dépi lontan (Je suis parti depuis longtemps)
Aye chéché lanmou épi lagan (dans l'espoir de trouver l'amour et la richesse)
San chéché sav ki moun mwen yé ( sans chercher à savoir qui je suis)
É an ped’ sans an mwen é lespwi an mwen, a pa jé (J'ai perdu mon esprit, le sens de la vie, sincèrement)
Je reviens ici
Corps défraîchi, âme fragmentée et en sursis
Emmaillotés et avachis
Ombre ensorcelée dans mes débris
Entre le coït et le Cocyte
Mon désespoir n’avait pas de nom
Je me retrouve là
Sur le plus haut des monts
Où s’arrêtent les oiseaux
L’élénie siffleuse, la paruline jaune joyeuse
Dans le bleu vert du grand étang
Où s’étend un soleil sombre éclatant
Un héliconia rouge renversant
Mes rêves noirs transparents
Je me retrouve là
Entre terre et mer
Devant le gommier blanc
Ce grand piroguier des Caraïbes
Ce grand chasseur aux bois d’encens
Ce grand proche du firmament
Je me retrouve là
Dans un grand cul de sac marin
Par delà l’ombre et la lumière
Par delà la mangrove, mon miroir d’hier
Par delà les pétroglyphes laissés par mes frères
Par delà la Soufrière, son paysage volcanique lunaire
Cette vieille dame sulfureuse, légère
Je me retrouve là
Sur les chemins des bains jaunes à ma Découverte
Un monde archipélagique, arc ciel de couleurs
Des routes traversées, d’une symphonie douceur
Une diversité revisitée, paix ultime d’un ailleurs
E dépi mwen la (depuis je suis là )
Cé esans an mwen ki sans an mwen kè mwen trouvé (C'est mon essence, sens à ma vie que j'ai trouvé)
Cé lespwi a lanati ki lespwi a lavi ka chanté, (c'est l'esprit à la nature qui est l'esprit de la vie qui chante)
Adan ké an mwen, a pa jé ( au plus profond de moi, sincèrement)
Thierry Aricique
Un cercle infini ...
Comme le torrent charroyant nos souvenirs passés
Le vent chasse mes mauvaises pensées
Une pluie
Une éclaircie
Ma vie s’écrit dans ce cercle infini
Comment ne pas penser à nos mémoires nos antiques déchirures
Aux feuilles d’olivier et de jujubier pour dépasser nos blessures
A toi et ton sourire charmant serein qui dure qui dure
De cases en cases
Sous la nuit en bois de mahogany
J’entends chanter nos tombes
Sur un laghia intense d’éternité
Mon miroir mon ombre d’une impitoyable transparence
Dans cette boue innommable qu’est l’humanité
L’eau abonde, la rivière m’inonde
De lianes en lianes
Dans les arcanes de la misère
Mes ululements enrubannés par le tambour ka
Coquelinent avec les acomats ensorcelés
Un silence dans le boucan de mes tourments
Dans ce monde déstructurant inconséquent
Les genipas prennent racines, les orchidées vivent d’abimes
De folies dérisoires en errements d’un soir
Emmêlement macaquerie enfermement
Dans une irrévérence outrancière
Jouvencelle la vanité hirondelle l’oubli
Sont des soleils qui se jouent de nous
Un regard tendre et infidèle
Un toucher cendre et sincère
Je m’éprends à effleurer de mes yeux les sentinelles rondeurs de ta peau
Et me surprend à imposer le fou idiot pour déjouer nos egos
A imaginer le pire
Pour vivre intensément libre
Mes fourmis instants de plaisir
Thierry Aricique
Du monologue au dialogue
(Il y a toujours un océan entre soi et la connaissance de soi)
L’existence est une crypte aux multiples chapelles
Des hiéroglyphes aux sanscrits à nos plus belles ritournelles
C’est dans la parole que s’écrivent nos avenirs
Nos archipels nos jardins aux multiples beautés épuisées
Mystérieux sont nos abysses faits de plaies de purulences
De mets de magnificences
Le roseau familial porte mais ne résiste
A la solitude ombre de mes délices
Je me suis souvent interroger
Sur la voie que je me devais embrasser
Sur ce lieu où je devais me domicilier
Entre sécurité et liberté
La nouveauté périlleuse jaculation de pure intensité
Le souvenir de nos aubaines joyeuses baptismales
Toujours complexion du bien du mal
Mystérieux sont nos constructions mythologiques
L’homme s’auto fonde dans un soleil bain de pluie
Pour procréer
Mais ne grandit cette filiation sans père ni mère
Dans cette solitude universelle qui nous nourrit
Mystérieux sont nos Ulysses nos voyages épisodiques
Nos arrimages spécifiques d’aléas
Sur lesquels personne n’a de prise
L’hibiscus lentement se déploie
Sur cette terre où je me détache de moi
(Le chaos créateur du monde créateur du chaos et moi petite particule spongieuse seul avec mon ego)
Marie ses yeux une femme nous mène à Dieu,
Dans son assomption je vois la lumière de ma libération
Dans l’immanence de mes projets elle est la rivière de mes interrogations
Dans l’immanence de mes regrets elle est l’éclair de mes inspirations
Une belle résilience ouverte une belle demoiselle offerte
Une ontologie un ipoméa rose bleu azur se dévoile
Lentement au-delà de nos horizons nos conjugaisons nos géographies
Mystérieux et énigmatique comme l’union annonce
L’explosion d’une relation nouvelle
Une découverte de l’autre coté de soi
Un lieu des délices sur le chemin laborieux des supplices
Une conduite une éthique
Un possible insoupçonné une perle une identité
Une face sublime cachée, une silhouette reflet de nos dialogues où s’écrivent nos épilogues
Thierry Aricique
Mes rêves archipélagiques
Barbade
" Entre mer et océan, tu es l'occident en sommeil, entre mes vers et le vent tu es la porte d'entrée des merveilles, entre ma terre et le temps tu es la caraïbe en rêve dans son réveil, à la douceur sans pareille"
Saint Martin
" Les nuits à Saint Martin sont chaudes, elles offrent un rêve réel à mes envies, elles bercent d'or nos soucis, elles sont aussi une ode éternelle à l'oubli dans nos quotidiens endormis"
Trinidad et Tobago
" Le calypso dans nos nuits bacchanales, la fièvre torride du carnaval, un arc en ciel une éphémère une tourterelle un réveil éternel et ancestral contre les injustices sociales et internationales "
Haïti
" La montagne dans la mer, par la violente tendresse de ton courage, j'éclos de mon ignorance passée sur les murs dans l'eau en fleurs d'allégresse je te vis et avec le mot AMOUR je te rêve d’espérer"
Quatre îles prises dans mes dérives

Saint Lucie
"J’entends chanter Syracuse, Lucie cette sainte lumière qui libère le cœur comme l’aube de la nuit tes mots d’amour resteront la plage de mon paradis, l’écho de nos paroles endormies . »
La Dominique
« Terre de rivière, parfum de mystère, ombre d’un monde de misère tu es une île d’aventure, poésie de la nature la rencontre d’un amour encore pur»
Iles vierges britanniques
« De barbe noir boucanier aux vierges martyres sacrifiées, tu es une orphie volante, un coquillage une tourterelle dans cet archipel. »
Saint Kitts et Nevis
« Iles du vent, tu es ma forteresse, le Gibraltar des Antilles, le souvenir de ma Dulcina, notre richesse pour mes combats à venir. »
Un soleil d'haïku de décembre
Un caresse comme
Un baiser ma plaie se plait
Dans tes pensées
****
Tes mots, une habilité
Ton sourire une perfidie vérité
Où coule ta sincérité
****
Dans un vert automne
L'horizon mon tourbillon
Ton regard me pardonne
****
La condescendance
Une vertuosité d’Ego
Pour une tige sans fleur
Thierry Aricique


