Désespoir,
Désespérance
Vertus théologales ou abyssales
La vie a ses échos
Détresse sentimentale, détresse familiale
Crise mondiale, crises sociales

La douceur amère d’une pluie glacière
Dans le cynisme financier
La vie se crispe en belle éclipse
Démocratie anxiogène, l’angoisse dure acier comme oxygène
Un chômage endémique, atmosphère famélique
La télévision fait fureur, le cancer prend de l’ampleur

Sourire timide, sourire putride
Ma joie de vivre s’éclabousse dans ces contrés confinées du monde occidentalisé
Dans ses états providences docteur en déliquescence où mes pleurs n’ont de sens que dans
Les rires déchainés, virevoltants, entrechoqués entre de saines et plurielles amitiés

Elle dessouche le capitalisme apostolique, ses prêches narcotiques rêches
Varech dans mes baignades aux tendresses vespérales où j’aperçois la lueur de l’amour,
Son sentiment enveloppé, son toucher désiré, sa fleur orchidée toute dénudé sur
Ma peau halée

Elle s’arcboute dans les espaces affranchis, dans des irruptions insoupçonnées
C’est une épiphyte fougère dans les vignes désorganisées prophétiques
Une laminaire dans des marées périodiques protocolaires
Un baiser enjoué énigmatique sous ces vents prédicateurs d’économistes zélés

Ma joie de vivre maronne ces lieux standards, sensationnels
Ces lieux de stars, télévisuels
L’art du paraître
          Où avoir c’est être
          Et répéter c’est connaître

Elle chantonne dans les cathédrales endormies, les mosquées inassouvies
Dans ces vœux pieux planétaires testamentaires
En forme de romans historiques anciens et sectaires
                      Où croire est déraisonné
                      Et savoir, une connaissance rabâchée

Ma joie de vivre s’écrit dans les zones de turbulences des secousses sismiques
Dans l’émergence poussive des glycérias, sur les traces laissées aux abords
Du morne des acacias
Elle s’émousse sur l’écorce d’un acomat-boucan,
Elle épouse l’ajour délaissé sous un ajoupa à entendre sonner les danses enivrantes du ka,
Elle baptise tous les chants, frissonne, talonne
La nature affriolante dans son enclos
La beauté vivante de tes sanglots, à pleurer, à rire, à souffrir en plaisir

Timonier de notre propre vie, ma voie pour vivre c’est toi
Dans tes yeux je vois l’envers des remous,
    Le revers des remords,
       Cette tendresse sensuelle
          Sur ce chemin
             Le long de ton cou

Ma joie de vivre s’interroge pour se déboussoler
             Se déboussole pour s’orienter

Elle embrasse
Elle désassemble,
Elle s’ensemence dans le sourire innocent des enfants,
Dans la grimace éclaircie de leur jeunesse
Dans leur regard à la profondeur de l’horizon
Dans une naïveté du présent toujours étourdissant

Thierry Aricique