Comme le torrent charroyant nos souvenirs passés

Le vent chasse mes mauvaises pensées

Une pluie

Une éclaircie

Ma vie s’écrit dans ce cercle infini

 

Comment ne pas penser à nos mémoires nos antiques déchirures

Aux feuilles d’olivier et de jujubier pour dépasser nos blessures

A toi et ton sourire charmant serein qui dure qui dure

 

De cases en cases

Sous la nuit en bois de mahogany

J’entends chanter nos tombes

Sur un laghia intense d’éternité

Mon miroir mon ombre d’une impitoyable transparence  

Dans cette boue innommable qu’est l’humanité

L’eau abonde, la rivière m’inonde

 

De lianes en lianes

Dans les arcanes de la misère

Mes ululements enrubannés par le tambour ka

Coquelinent avec les acomats ensorcelés

Un silence dans le boucan de mes tourments

Dans ce monde déstructurant inconséquent

Les genipas prennent racines, les orchidées vivent d’abimes

 

De folies dérisoires en errements d’un soir

Emmêlement macaquerie enfermement

Dans une irrévérence outrancière

Jouvencelle la vanité hirondelle l’oubli

Sont des soleils qui se jouent de nous

Un regard tendre et infidèle

Un toucher cendre et sincère

 

Je m’éprends à effleurer de mes yeux les sentinelles rondeurs de ta peau

Et me surprend à imposer le fou idiot pour déjouer nos egos

A imaginer le pire

Pour vivre intensément libre 

                                               Mes fourmis instants de plaisir 

Thierry Aricique